L’auteure: Julie Levy, B.Eng. Responsable de la livraison des projets

 

Le 28 juin 2021, le magazine néerlandais Mobiliteits Platform (plateforme de mobilité) a interrogé David Homola, chef de produit EMEA chez Transoft Solutions, sur TrafxSAFE, l’outil d’analyse automatisée de la sécurité routière de Transoft Solutions. Voici un extrait de cet entretien.

 


 

  • Marcel Slofstra: Qu’est-ce qui a motivé le développement du système TrafxSAFE ?
  • David Homola: Les morts sur la route sont l’une des principales causes de décès dans le monde. Au sein de l’UE, les accidents de la route sont responsables d’environ 20 000 décès par an. Même si la tendance est à la baisse, l’UE n’a pas été en mesure d’atteindre l’objectif fixé par la Commission européenne, soit deux fois moins de décès annuels entre 2010 et 2020. De plus, la Commission européenne a maintenant fixé un nouvel objectif : zéro tué sur les routes d’ici 2050.
    Au lieu de s’appuyer sur les statistiques sur les collisions, TrafxSAFE fournit une vue claire et détaillée des événements précurseurs d’une collision : les conflits graves, mineurs ou potentiels.

« Pyramide de sécurité » (inspirée par Hydén, 1987)

 

  • Marcel Slofstra: Quels sont les avantages et les inconvénients du système ?
  • David Homola: Avant, il fallait catégoriser la gravité et la probabilité des collisions des presqu’accidents. Ce processus manuel était chronophage et subjectif. Il est à présent objectif et accessible à tous. TrafxSAFE permet de répliquer des analyses avec une qualité constante.

    En revanche, le système repose sur la vision par ordinateur et exige donc de disposer parfaitement les caméras, ce qui peut poser problème. Les experts de Transoft Solutions travaillent avec les collecteurs de données vidéo pour savoir où installer les caméras afin qu’elles soient à la bonne hauteur et offrent un champ de vision parfait.


 

  • Marcel Slofstra:  Le système a été déployé à La Haye. Pouvez-vous m’en dire plus sur cette étude ?
  • David Homola: À La Haye, cette technologie nous a permis de comprendre les effets des aménagements d’infrastructures sur la sécurité des cyclistes. L’étude a été réalisée sur deux sites identifiés comme des zones à forte densité de cyclistes. Nous avons collecté et analysé 40 heures de vidéo de la circulation en journée avant de mettre en place des contre-mesures. Nous avons procédé aux aménagements et modifications susceptibles d’améliorer la sécurité des cyclistes, puis nous avons mené une étude a posteriori basée sur le même volume d’observations, soit 40 heures de circulation en journée. La comparaison des données antérieures et postérieures a montré que la sécurité globale des cyclistes s’était améliorée suite à la mise en place des contre-mesures. Les résultats ont également indiqué quels traitements spécifiques étaient les plus efficaces.


 

  • Marcel Slofstra: Comment assurez-vous la confidentialité des usagers de la route avec TrafxSAFE ?
  • David Homola: La question de la confidentialité s’articule autour de deux axes : l’anonymisation et le traitement des données. Il existe différentes méthodes d’anonymisation des données, du floutage des visages et des plaques d’immatriculation au masquage des objets mobiles avec un carré noir. C’est le client qui, au final, choisit celle à adopter.
    We have servers all over the world which are used to process data, so we can ensure privacy for all customers

À PROPOS DE L’AUTEURE

Julie Levy, B.Eng.
Responsable de la livraison des projets

Transoft Solutions | Montreal, Quebec

Julie est ingénieure transports junior et responsable de la livraison des projets au sein de la division Sécurité des transports de Transoft Solutions. Elle travaille en étroite collaboration avec des collectivités, des entreprises et des cabinets d’ingénierie au Canada, aux États-Unis et en Amérique Latine pour définir le périmètre des projets et garantir leur livraison dans les délais. Elle travaille sur de nombreux projets de sécurité routière axés sur la vision, en évaluant notamment la performance de la sécurité afin de déterminer l’efficacité des interventions antérieures/postérieures sur la base d’indicateurs de substitution.